Auteurs Prix Anguille sous Roche 2019

Prix Anguille sous Roche 2019 : découvrez les auteurs et leur livre

Thomas CANTALOUBE
Séverine CHEVALIER
Patrick DELPERDANGE
Alexandre LENOT
Jean-Yves MARTINEZ
Michèle PEDINIELLI

Thomas CANTALOUBE


photo : ©-Francesca-Mantovani-Gallimard

Thomas Cantaloube est journaliste et écrivain. À la fin de ses études, il part vivre plusieurs années aux États-Unis en tant que correspondant de presse free-lance. Journaliste depuis 1994 (pour l’Humanité, La Tribune, l’Événement du Jeudi, les Cahiers du Cinéma, Marianne, Le Parisien…), reporter à Mediapart depuis 2008, il est spécialisé dans l’actualité internationale et a effectué des reportages dans une cinquantaine de pays. Il est l’auteur de deux essais sur la politique américaine.

Requiem pour une République (Gallimard) en 2019, est son premier roman.

Automne 1959. L’élimination d’un avocat algérien lié au FLN vire au carnage. Toute une famille est décimée.
Trois hommes aux caractères et aux convictions radicalement différentes vont enquêter sur ces assassinats, orchestrés par le Préfet de Police, Maurice Papon : Sirius Volkstrom, ancien collabo, manchot devenu exécuteur de basses œuvres pour Papon, Antoine Carrega, ancien résistant corse devenu convoyeur de drogue et Luc Blanchard, jeune policier assez naïf.
Contre toute attente, ces hommes finiront par s’allier pour déjouer ce qui s’avère rapidement être une manipulation politique d’envergure.
Dans ce premier roman, Thomas Cantaloube mêle avec brio faits réels et fiction pure, action, sentiments et faits historiques, rendant palpitant de bout en bout la trame de l’enquête aussi bien que le fond politique. Un grand polar historique des années troubles de la Vème République !

Séverine CHEVALIER


Photo : ©-Cyril-Herry

Peu précoce, Séverine Chevalier se met tardivement à l’écriture et au potager.
Née à Lyon en 1973, après pas mal d’années passées à Marseille, elle vit aujourd’hui en Auvergne.

Les mauvaises – La Manufacture de livres 2018

Deux jeunes filles d’une quinzaine d’années et un petit garçon aiment à s’aventurer dans une forêt du Massif Central, au bord d’un lac qui vient d’être vidé. Autour d’eux, les adultes vaquent à leur existence, égarés, tous marqués de séquelles plus ou moins vives et irréversibles. Il y a les anciens, ceux qui sont nés ici, aux abords des volcans d’Auvergne. Il y a les moins anciens, il y a les très jeunes, puis ceux qui viennent d’ailleurs. Il y a aussi ceux qui sont partis, ont tout abandonné, et dont les traces subsistent dans les esprits. Une des deux jeunes filles est retrouvée morte, puis c’est sa dépouille à la morgue qui disparaît en pleine nuit…
Dans un effet de résonance entre nature humaine et nature physique, blessures et drames se succèdent. Mais les blessures les plus éprouvantes et durables ne saignent pas ; ce ne sont pas celles qui sont les plus visibles… On reste subjugué par la précision, la justesse du mot qui agrémente chacune des phrases de ce roman, construit avec un grand équilibre, qui émane d’un texte à l’atmosphère envoûtante et presque onirique !

Autres romans de Séverine Chevalier :

  • Clouer l’ouest – La Manufacture de livres 2015 (éd. Écorce 2014)
  • Recluses – (La petite Vermillon) La Table ronde 2018 (éd. Écorce 2011)

Patrick DELPERDANGE

Patrick Delperdange vit et travaille à Bruxelles. Prix Simenon pour son roman Monk, Prix du Jeune Théâtre pour la pièce Nuit d’amourr, il a publié plusieurs ouvrages en littérature jeunesse, dont Ishango, une trilogie fantastique. Parallèlement à cela, il est le scénariste d’une dizaine de bandes dessinées publiées chez Casterman et Paquet. Patrick Delperdange est également l’auteur de Chants des gorges, roman paru aux couronné par le prix littéraire le plus prestigieux de Belgique francophone, le prix Rossel. Avec Si tous les dieux nous abandonnent, il a fait en 2016 son entrée dans la Série Noire, chez Gallimard. Fin 2018, il publie L’Éternité n’est pas pour nous chez EquinoX, la nouvelle collection de romans noirs des Éditions Les Arènes.

L’Éternité n’est pas pour nous, éd. Les Arènes/Equinox, 2018

Assise sur une chaise en plastique, au bord de la chaussée, Lila attend le client. Quand Julien, le fils de bonne famille, débarque avec ses amis, elle comprend que les choses vont mal tourner. Sam et Danny traversent la campagne à la recherche d’un refuge. Ils ont quitté le foyer qui hébergeait Danny, après ce que ce dernier a fait au gars qui l’importunait. Sans doute ce pays est-il maudit. Une odeur âcre monte des champs abandonnés. Des bêtes sortent des bois, guettant leurs proies. Les enfants renient leurs parents.
Ces pauvres âmes, c’est nous. Des chiens errants en quête d’éternité….
À travers une écriture sans concessions, un style souvent trash où pointent des doses d’humour, Patrick Delperdange signe un roman poignant qui ne manque pas de piquant ni de poésie. Un polar rural plein de fureur et d’humanité !

Autre écrits de Patrick Delperdange :

  • Si tous les dieux nous abandonnent, éd. Gallimard/Série Noire, 2016
  • Le Cliquetis, Genèse Éditions, 2016
  • Visions nocturnes, éd Samsa, 2016
  • Comme des chiens, Onlit Éditions, 2015
  • Chants des gorges, Espace Nord, 2014
  • Patrick Delperdange est un sale type, Onlit Éditions, 2014

Alexandre LENOT


Photo : ©-Jane-Burke

Alexandre Lenot est né en 1976. Il vit à Paris et écrit également pour le cinéma, la radio et la télévision.

Écorces viveséd. Actes Sud/Actes noirs, 2018

C’est une région de montagnes et de forêts, dans un massif qu’on dit Central mais que les routes nationales semblent éviter. Un homme venu de loin incendie la ferme dans laquelle il espérait un jour voir jouer ses enfants, puis il disparaît dans les bois. La rumeur trouble bientôt l’hiver : un rôdeur hante les lieux et mettrait en péril l’ordre ancien du pays. Les gens du coin passent de la circonspection à la franche hostilité, à l’exception d’une jeune femme nouvellement arrivée, qui le recueille. Mais personne n’est le bienvenu s’il n’est pas né ici…
Premier roman noir, rural et poétique, Écorces vives nous emmène, entre failles et montagnes, dans l’isolement des cœurs et du Cantal. L’écriture est magnifique

Jean-Yves MARTINEZ


Photo : ©-Denis Dalmasso

Jean-Yves Martinez fait ses études secondaires le long des frontières de France, au gré des mutations de son père, fonctionnaire des douanes. Il découvre la littérature dans la bibliothèque familiale, essentiellement garnie d’auteurs américains.
En 1986, il s’envole vers Cuba pour effectuer son service militaire en coopération, dans le service culturel de l’ambassade de France à La Havane. Au terme de son service, il décide de rester sur l’île comme résident permanent et travaille à la fois comme enseignant et correspondant de presse (Libération, Le Point, RFI et l’Amateur de Cigare).
Il revient vivre en France au printemps 2001 et continue à conjuguer à Paris, puis à Aix-en-Provence, enseignement et journalisme.
En 2004, il publie La femme havane, un premier roman d’inspiration autobiographique très ancré dans la réalité communiste cubaine, aux antipodes de l’imagerie romanesque diffusée en Europe, puis en 2008, Le fruit de nos entrailles, un polar social marseillais qui met en scène un personnage féminin aux prises avec la brutalité masculine.
Il est aujourd’hui enseignant dans une École Internationale Privée d’Aix-en-Provence.

Les enchaînés – éd. Seuil/Cadre noir, 2019

Un jeune homme débarque dans un petit village de la Drôme. En plein hiver. Il arrive du Sénégal, sans-papier, il a dû se frayer un chemin à travers l’Espagne, mentir, endurer foyer, centre de rétention pour arriver jusque-là. Et il cherche monsieur Denis. Ils se sont connus là-bas, en Afrique, monsieur Denis travaillait pour une ONG et David Sedar était son guide. Avant de partir, monsieur Denis lui a fait une promesse – et David Sedar tient à ce qu’elle soit honorée.
Dans une grande bâtisse isolée au cœur des bois, la femme de l’humanitaire accueille le réfugié. Car son mari a disparu, laissant derrière lui un mystérieux carnet et mille questions en suspens. Et Diane veut des réponses. Que seul David Sedar peut lui apporter…
Un roman à lire d’une traite, sur le mensonge et la manipulation !

Autres livres de Jean-Yves Martinez :

  • Le fruit de nos entrailles – éd. des Équateurs, 2008 (épuisé)
  • La femme Havane – éd. des Équateurs, 2004 (épuisé)
  • La Havane, portraits hechos a mano (documentaire sur le cigare) – (Les petits Plume) Plume 1998

Michèle PEDINIELLI


Photo : ©-Mouloud-Zoughebi

Née en avril 1968, Michèle Pedinielli fait sa première manif à un mois et termine son premier roman 48 ans plus tard. Entre-temps, la routine : fuir Nice à 18 ans, devenir journaliste à Paris, revenir 22 ans plus tard au bercail, choisir de ne plus avoir de patron, pointer au chômage, voir sa nouvelle récompensée au Festival Polars du Sud de Toulouse en 2015. Et décider d’écrire pour ne pas mourir sans avoir essayé !

Boccanera – éd. de l’Aube 2018

Si l’on en croit le reste de l’Hexagone, à Nice il y a le soleil, la mer, des touristes, des vieux et des fachos. Mais pas que. Il y a aussi Ghjulia – Diou – Boccanera, quinqua sans enfant et avec colocataire, buveuse de café et insomniaque. Détective privée en Doc Martens. Un homme à la gueule d’ange lui demande d’enquêter sur la mort de son compagnon, avant d’être lui-même assassiné. Diou va sillonner la ville pour retrouver le coupable. Une ville en chantier où des drapeaux arc-en-ciel flottent fièrement alors que la solidarité envers les étrangers s’exerce en milieu hostile… Au milieu de ce western sudiste, Diou peut compter sur un voisin bricoleur, un shérif inspecteur du travail, et surtout une bonne dose d’inconscience face au danger.

Sacrée personnalité que cette Diou Boccanera ! Un rythme soutenu, des personnages hauts en couleur, Nice la méconnue… Un cocktail détonnant et réussi !

Autre roman de Michèle Pedinielli :

  • Après les chiens, éd. de l’aube, 2019

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